Dans le Béarn, un café ou un cinéma devient des fois un lieu d’écoute et de discussion. Des personnes touchées par la maladie d’Alzheimer, des aidants ou de simples curieux se retrouvent pour échanger et poser leurs questions. Avec ces Cafés Mémoire et ces Ciné-Débats, l’association France Alzheimer 64 veut briser l’isolement et permettre de parler librement d’une maladie encore souvent taboue.
Un espace pour parler librement de la maladie
Dans une ambiance conviviale, les Cafés Mémoire permettent d’aborder Alzheimer autrement. L’objectif est simple : créer un moment d’échange accessible à tous, animé par des professionnels. "Le Café Mémoire, c’est une fois par mois, animé par une psychologue qui connaît bien le sujet", explique Christine Drai, coordinatrice de France Alzheimer Béarn. "On peut aussi y mettre des thématiques selon la demande des participants".
Ces rencontres permettent avant tout de sortir de l’isolement. "L’idée, c’est d’amener notre public à une vraie vie sociale, quitter l’isolement et supprimer ce tabou par rapport à la maladie", poursuit-elle. Les discussions restent très interactives et chacun peut poser ses questions : "Ce qui est important, c’est que les gens aient des réponses à l’issue". Ces moments servent aussi de porte d’entrée vers d’autres activités proposées par l’association dans la région.
Ciné-Débats pour mieux comprendre les premiers signes
Pour sensibiliser le public autrement, France Alzheimer 64 organise également des Ciné-Débats. Le principe : projeter un film qui aborde la maladie, puis ouvrir la discussion avec les spectateurs. "On va passer un film qui s’appelle Tendre mémoire. Après la projection, on va lancer le dialogue avec le public pour expliquer les premiers signes de la maladie", indique Jean-Claude Lapabe, président de l’association dans les Pyrénées-Atlantiques.
Le choix du film n’est pas anodin : "Il permet de montrer qu’au début de la maladie, il est encore possible d’agir. Plus on s’y prend tôt pour se faire tester, mieux c’est". L’objectif est de sensibiliser sans dramatiser. "C’est un film qui n’est pas traumatisant. Il traite la maladie avec de l’espoir", souligne-t-il, rappelant qu’une prise en charge précoce peut permettre de stabiliser l’évolution de la maladie.
Accompagner les malades… et les aidants
Au-delà de la sensibilisation, France Alzheimer 64 souhaite rappeler que les personnes touchées par la maladie restent avant tout des individus avec leurs passions et leurs envies. "C’est encore un être humain. Il a toujours ses qualités et ses passions", insiste Jean-Claude Lapabe. "Notre but, c’est d’aller chercher ces passions pour qu’il continue à les vivre pleinement".
L’association accorde également une place centrale aux aidants, souvent en première ligne face à la maladie. "Les aidants, aujourd’hui, c’est le nerf de la guerre", rappelle le président, soulignant que l’association elle-même est née il y a près de quarante ans de l’initiative d’aidants en quête de soutien.
Entre Cafés Mémoire, Ciné-Débats et ateliers, France Alzheimer 64 multiplie les initiatives pour mieux comprendre la maladie et rompre l’isolement. L’objectif reste le même : informer, accompagner et redonner du lien aux personnes malades comme à celles qui les soutiennent au quotidien.
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Un reportage de Lola Berdos pour Pontacq Radio.
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