Essentiel à la fabrication de nombreux médicaments, le don de plasma joue un rôle clé dans la prise en charge de maladies graves ou rares. Laëtitia Jovine, développeuse de territoire à la Maison du don de Pau, explique pourquoi ce don irremplaçable est aujourd’hui plus que jamais nécessaire.
Un composant du sang aux vertus thérapeutiques indispensables
"Le plasma, c’est la partie liquide de notre sang dans laquelle baignent nos cellules sanguines", explique Laëtitia Jovine. Constitué à 90 % d’eau, il contient aussi des protéines et des anticorps qui ont un intérêt thérapeutique majeur. Longtemps utilisé sous forme de transfusion, notamment pour les grands brûlés, le plasma est aujourd’hui transformé en médicaments. "Il permet d’accompagner des patients atteints de maladies auto-immunes, mais aussi des personnes immunodéprimées", précise-t-elle, citant par exemple les patients sous chimiothérapie. Un point fondamental est rappelé : "Le plasma, c’est irremplaçable comme don. Il n’existe aucune alternative de synthèse pour les malades."
Un don accessible, mais encore trop peu connu
Moins répandu que le don de sang, le don de plasma soulève encore de nombreuses questions. Pourtant, ce sont les mêmes quatre étapes que pour un don de sang. "Il faut venir en ayant mangé et en ayant bu beaucoup d’eau", rappelle Laëtitia Jovine.
Après l’enregistrement, le questionnaire médical et l’entretien avec un professionnel de santé, vient le temps du prélèvement. "On vous pique avec la même aiguille, puis le sang passe dans une machine qui va séparer le plasma des globules rouges et des plaquettes, qui sont rendus au donneur."Le don dure environ une heure et demie et se termine par "le meilleur moment : la collation". Pour lever les dernières réticences, elle conseille de venir avec un proche qui a déjà donné afin de pouvoir vous rassurer, si besoin.
Un enjeu médical et national majeur
Les besoins en plasma augmentent chaque année, portés par les avancées de la recherche médicale. "Les fameuses immunoglobulines issues du plasma permettent de traiter ou d’accompagner un grand nombre de maladies, notamment des maladies rares", souligne Laëtitia Jovine.
Elle évoque le cas de Christine, atteinte d’une neuropathie : "Sans sa dose régulière d’immunoglobulines, elle aurait de plus en plus de difficultés à utiliser ses quatre membres. Aujourd’hui, elle peut marcher et vivre grâce à ces médicaments." Pourtant, Christine n’a pas la dose optimale, tout simplement car les quantités requises ne sont pas disponibles.
Si la France est autosuffisante en dons de sang, les deux tiers des médicaments issus du plasma sont importés, notamment des États-Unis, ce qui pose un vrai sujet de souveraineté nationale. L’objectif est clair : "Doubler le nombre de donneurs de plasma d’ici 2028 pour atteindre 50 % d’autosuffisance", insiste Laëtita.
Alors que seuls 0,6 % des Français en âge de donner leur plasma le font aujourd’hui, la sensibilisation reste essentielle. "Les gens ne viennent pas parce qu’ils ne savent pas à quoi ça sert, ni où donner", constate-t-elle. La Maison du don de Pau et ses équipes rappellent qu’un don de plasma peut faire la différence et sauver des vies.
Une interview de Lola Berdos pour Pontacq Radio.
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